Les poussettes

On dit souvent que cela prend du temps pour que des changements sociétaux s’opèrent. Nos partenaires sont bien placés pour savoir que certains dossiers évoluent à pas de tortue et que la mise en place de solutions ou l’acquisition de nouveaux comportements exigent de la patience et le souffle d’un ultra-marathonien.

Des citoyens d’Aylmer qui s’étaient fait refuser l’accès aux autobus de la Société des Transports de l’Outaouais  (STO) avec leur poussette en savent quelque chose.   C’est ce qu’ils ont exprimé lors d’une consultation menée par l’organisme « La voix des parents » soutenu financièrement par le programme « Avenir d’enfants. » Pour l’organisme « Les Partenaires d‘Aylmer » qui regroupe 35 organismes voués à l’amélioration dela qualité de vie dans la communauté, ce projet est devenu une priorité.

Après avoir écrit au président de la Société qui s’est montré très accueillant par un courriel rapide, plusieurs mois sont passés avant que ne démarre réellement le dossier. Mentionnons que c’était l’époque de la mise en œuvre du Rapibus et la gestion de ce dossier requérait toute l’attention des instances de la STO. Ce n’est qu’en mai 2014 que la STO a entamé le dialogue, non sans avoir entre temps préparé le terrain auprès des parents, chauffeurs et autres usagers.

On connaît les résultats, en mai 2015, la STO annonçait que le règlement serait assoupli pour faciliter le transport des poussettes et par le fait même des poupons.

Autopsie d’une action réussie

Ce dossier a évolué deux ans avant d’aboutir au résultat voulu. C’est long, ai-je demandé à Monique Dion, coordonnatrice des Partenaires d’Aylmer. « Deux ans, ça peut effectivement être démobilisant, un organisme de soutien comme le nôtre doit s’assurer de pouvoir porter le dossier du début à la fin. On a perdu des joueurs en chemin. Si c’était à refaire, je multiplierais un peu des appels téléphoniques pour tenir les parents informés des détails. »

Dans les projets à long terme, il est essentiel d’informer
les gens de façon régulière afin de les garder mobilisés  

Revendiquer

Le terme « revendiquer » signifie que l’on réclame un droit ou un service auquel on croit avoir droit. Il est aussi interprété ainsi : « Réclamer quelque chose avec force comme un dû. »

L’approche privilégiée par Les Partenaires d’Aylmer a été constructive. D’abord le mémoire de moins de deux pages adressé au président de la STO, avec copie conforme aux conseillers du secteur d’Aylmer. Que des faits; des statistiques sur la pauvreté et sur l’importance du transport en commun pour les moins nantis et des approches de solutions.

L’accueil de la STO a été exemplaire. Nomination d’une personne-ressource qui faisait les liens entre les divers intervenants; des gens qui font des recherches pour atténuer les réticences des chauffeurs. « La clé du succès a été sans contredit l’approche du dialogue, la franchise, la confiance et le respect mutuels qui ont mené à une résolution dont nous sommes fiers », d’affirmer Monique Dion.

Le dialogue amorcé avec des faits, une situation bien documentée,
la suggestion de pistes de solutions et surtout, pas de critique.           Cette attitude mène à une plus grande ouverture de la part des dirigeants.

Merci  

Hé oui, il faut continuer le bon travail et nous assurer de garder les portes de communication ouvertes. Toujours remercier, même si vous n’avez pas obtenu tout ce que vous désirez. Le petit pas vous mènera vers un autre.

Afin de poursuivre la fructueuse collaboration, les Partenaires du secteur Aylmer resteront à la disposition de la STO pour les aider à mettre en place une campagne de promotion de cette nouvelle disposition prise par la société de transport. Les parents usagers se prêteront également volontiers à une campagne de ce type.